Les colloques Pédiatrie et Psychanalyse et Médecine et Psychanalyse qui se sont tenus à Paris au cours des 20 dernières années ont montré la pertinence et l’actualité d’un dialogue entre somaticiens et psychanalystes dès lors que les questions traitées le sont à partir du vif des pratiques respectives, dans la rigueur de leurs méthodes et de leurs concepts spécifiques.

Ce dialogue entre médecins et psychanalystes se tient à distance des concessions et des compromis idéologiques prompts à favoriser les états paresseux et médiatiques des savoirs. C’est au contraire dans la mise en relief de ce qui différencie autant que ce qui rapproche dans leurs pratiques les médecins et les psychanalystes que le débat théorico-clinique, la recherche fondamentale et appliquée et la transmission des connaissances peuvent se poursuivre. Ce dialogue présuppose qu’on ne réduise pas la vérité du patient à l’exactitude médico-biologique, pas davantage qu’on ne saurait confondre les dimensions subjective et intersubjective des pathologies somatiques avec leur étiologie.

le plongeur de paestum

Paris, Centre Sèvres, 27-28 septembre 2013

Le risque : anticiper, prévenir, traiter, accompagner

 

Les facteurs de risque ont envahi le domaine de la santé physique comme celui de la santé mentale, justifiant un surcroît d’annonce, de précaution et de prévention. Les soins aux malades connaissent des enjeux éthiques, économiques et politiques inédits. Le droit de la Santé se double d’un droit à la santé et de nouveaux acteurs entrent dans les protocoles de traitements. Notre société attend de la médecine l’éradication totale des risques tandis que ses avancées en génèrent de nouveaux.

De nombreux obstétriciens, chirurgiens et anesthésistes modifient aujourd’hui leurs pratiques pour éviter le risque d’un procès. Avec les nouveaux modes de procréation et du devenir parents, les repères et les approches du risque se transforment. L’attitude des parents vis-à-vis des atteintes de leur enfant évolue elle aussi comme celle des patients vis à vis de leur maladie ou de leur handicap.

En médecine, les trajectoires proposées aux patients comportent plusieurs types de risques : ceux qui sont inhérents à la maladie et qu’il leur faut accepter pour avoir des chances de guérir, ceux qu’ils voudraient prendre et que le médecin accepte ou non d’assumer, accepte ou non d’assurer. Qu’en est-il dans ce contexte de l’éthique médicale ? Et quel est le rôle du psychanalyste dans les équipes soignantes ? Est-il lui aussi, et pour quelles raisons, un vecteur de risque ? « Ils ne savent pas que nous leur apportons la peste » disait Freud ironiquement en débarquant aux états-Unis.

L’autorité médicale est aujourd’hui autrement répartie tant au niveau des décisions que de l’application des protocoles de traitement et de leur évaluation. La recomposition des pratiques par la notion de risque en médecine comme en psychanalyse crée des situations nouvelles qui justifient la formation des partenaires en présence. N’est- il pas temps d’imaginer une forme d’éducation des patients, inexistante à ce jour ? Médecins et psychanalystes, juristes et historiens ont leur mot à dire, leur expérience à transmettre, leurs suggestions à émettre sur le renouvellement de la question du risque.

 

Comité scientifique :
Prs. Danièle Brun, Roland Gori, Jean-Michel Zucker,
Drs. Franck Dugravier, Michèle Lévy-Soussan et Nathan Wrobel Organisation
Société Médecine et Psychanalyse, SMP

Avec le concours de L’Université Paris-Diderot (GIS et CRPMS)
et le soutien des Domaines Henri Martin, 33250 Saint-Julien Beychevelle

 

Voir aussi : Actes du 14e colloque : Le risque (2013)