Les colloques Pédiatrie et Psychanalyse et Médecine et Psychanalyse qui se sont tenus à Paris au cours des 20 dernières années ont montré la pertinence et l’actualité d’un dialogue entre somaticiens et psychanalystes dès lors que les questions traitées le sont à partir du vif des pratiques respectives, dans la rigueur de leurs méthodes et de leurs concepts spécifiques.

Ce dialogue entre médecins et psychanalystes se tient à distance des concessions et des compromis idéologiques prompts à favoriser les états paresseux et médiatiques des savoirs. C’est au contraire dans la mise en relief de ce qui différencie autant que ce qui rapproche dans leurs pratiques les médecins et les psychanalystes que le débat théorico-clinique, la recherche fondamentale et appliquée et la transmission des connaissances peuvent se poursuivre. Ce dialogue présuppose qu’on ne réduise pas la vérité du patient à l’exactitude médico-biologique, pas davantage qu’on ne saurait confondre les dimensions subjective et intersubjective des pathologies somatiques avec leur étiologie.

Paris, Faculté Xavier Bichat, 31 mai et 1er juin 1997

Le temps, l’urgence et les périodes de la maladie

 

Avec les progrès de la médecine, et avec les situations de vulnérabilité psychique que provoquent les atteintes somatiques, quelles que soient leur évolution, la question du temps, de l'urgence et des périodes de la maladie est une préoccupation constante pour les praticiens de l'enfance et de l'adolescence. On s'aperçoit que le succès médical ne coïncide pas régulièrement avec un apaisement des soucis, car la vie du corps et la vie psychique n'évoluent pas au même rythme.

Que l'inconscient soit défini par l'intemporalité est une chose, que les psychanalystes aient tout leur temps pour intervenir en est une autre.

Que le corps soit faillible et mortel est une chose, que les médecins soient sommés de le remettre en état vite et bien, en est une autre.

Que les enfants et les parents puissent, ponctuellement, connaître la peur ou la douleur est une chose, qu'ils fassent une place au traumatisme dans leur vie, en fonction de leur histoire, en est une autre.

Trop peu abordés en regard de leur importance, ces thèmes, parmi d'autres, donneront lieu à des débats pendant deux journées d'études, sous la forme de communications individuelles et de tables rondes, qui seront toutes centrées sur la pratique.

Le Colloque intéressera, outre les spécialistes de la psychanalyse et de la pédiatrie qu'elle soit hospitalière, de P.M.I. ou de ville, les échographistes et les obstétriciens qui ont l'enfant en charge depuis le temps de sa conception.

Neuf ateliers sont prévus pour favoriser les échanges entre intervenants et participants, grâce au partage de leur expérience singulière. On y abordera les modalités de collaboration avec les soignants : kinésithérapeutes, orthophonistes, psychomotriciens, infirmiers, puéricultrices, sages-femmes, psychologues en activité et en formation.

Le Colloque Le temps, l'urgence et les périodes de la maladie est organisé sous la responsabilité de Danièle Brun, avec le concours du Laboratoire de psychopathologie fon- damentale et psychanalyse de l'Université Paris VII.

 

Voir aussi : Actes du 3e colloque - 1997