Les colloques Pédiatrie et Psychanalyse et Médecine et Psychanalyse qui se sont tenus à Paris au cours des 20 dernières années ont montré la pertinence et l’actualité d’un dialogue entre somaticiens et psychanalystes dès lors que les questions traitées le sont à partir du vif des pratiques respectives, dans la rigueur de leurs méthodes et de leurs concepts spécifiques.

Ce dialogue entre médecins et psychanalystes se tient à distance des concessions et des compromis idéologiques prompts à favoriser les états paresseux et médiatiques des savoirs. C’est au contraire dans la mise en relief de ce qui différencie autant que ce qui rapproche dans leurs pratiques les médecins et les psychanalystes que le débat théorico-clinique, la recherche fondamentale et appliquée et la transmission des connaissances peuvent se poursuivre. Ce dialogue présuppose qu’on ne réduise pas la vérité du patient à l’exactitude médico-biologique, pas davantage qu’on ne saurait confondre les dimensions subjective et intersubjective des pathologies somatiques avec leur étiologie.

Paris, Théâtre de l'Alliance française, 14-15 janvier 2006

Devenirs de l'annonce : par delà le bien et le mal

 

De tous les prolongements qu'appela le précédent colloque Violence de l'annonce, violence du dire, c'est sur la question des Devenirs de l'annonce que doit désormais se porter la réflexion. Car les étapes, même prometteuses, qui font suite à une annonce initiale ne mènent pas régulièrement le patient vers une amélioration de son état. Si certaines d'entre elles ont bien été entendues et assimilées, d'autres sont contournées, oubliées ou productrices de symptômes.

Après un premier énoncé, quelle qu'ait été la qualité de son énonciation, l'annonce reste chargée d'un potentiel traumatisant. De ce fait, le devenir médical, personnel et familial du patient échappe à une programmation rationnelle dont le cours serait en phase avec celui des progrès thérapeutiques ou des décisions médicales.

Comment gérer de trop précoces maturations ou des régressions inattendues ? Comment anticiper le vécu d'une maladie au long cours avec ses séquelles parfois handicapantes ? Le rapport du malade et de ses proches aux paroles du médecin est sans cesse remanié, aménagé, soupesé. Par-delà le bien et le mal faire ou dire, c'est aux influences réciproques de la vie psychique et de la vie somatique qu'est confrontée la médecine d'aujourd'hui, l'obligeant à repenser ou à reformuler ses avancées.

Comme à l'accoutumée depuis 1993 – date du premier colloque de Pédiatrie et psychanalyse – les débats se dérouleront sur deux journées de conférences et tables rondes avec une matinée d'ateliers sur des thèmes liés à la pratique.

La projection du film de Claire Denis, L'intrus, inspiré du livre de Jean-Luc Nancy, est prévue le dimanche après-midi avec un débat.

 

Comité scientifique :
Fethi Benslama, Danièle Brun, Martine Frischmann, Marcela Gargiulo, Roland Gori, Arnold Munnich, Jean-Christophe Thalabard, Alain Vanier

Organisation administrative :
Société Médecine et psychanalyse
Centre de recherches « Psychanalyse et Médecine » (CRPM, Université Paris 7)
Association française contre les myopathies (AFM)
Études freudiennes

 

Voir aussi : Actes du 8e colloque - 2006