Mars 2014

Franck Dugravier, pédiatre à Bordeaux et vice-président de la SMP publie : Bébés, parents et grands-parents : des rencontres inattendues 

Sa fille, si féminine, l’horripilait. Alors un jour, la mère de Léa me dit : « Moi, je ne suis pas une vraie fille ». Elle m’expliqua que sa façon d’être féminine ne correspondait pas aux critères habituels de la féminité, que sa mère le lui répétait depuis l’enfance.

C’est vrai, donner naissance à une petite fille, ça peut vous plonger dans une sorte de confusion. « Avoir une fille, c’est très bizarre, ça vous rappelle vous petite », m’a dit une toute nouvelle mère, prise en tenaille entre l’irruption de sentiments si étranges et ses souvenirs de petite fille. Elle était envahie par le doute ; elle se demandait, elle aurait aimé savoir si une fois, au moins une, sa mère avait été émue en la regardant. Elle était presque sûre de ne jamais l’avoir intéressée.

Depuis longtemps, j’ai compris qu’être parents, ce n’est pas toujours facile.

Pour les hommes non plus, ce n’est pas toujours simple. La preuve ? Un jour, le père d’un petit garçon de deux mois me posa cette question : « Quand est-ce que ça devient humain ? » Et l’accouchement ? Eh bien, je suis sûr qu’il est préférable d’assister à la naissance de son bébé qu’à l’accouchement de sa femme ! C’est mieux, pour les hommes ; mieux pour les femmes aussi.

Autre chose encore : devenir grand-mère, c’est une joie ; bien sûr. Mais cette joie peut bien être un peu cruelle, parce qu’elle a un prix : il faut renoncer, un peu.

Alors, être parent... Avec tout ça, et d’autres choses, j’ai bien compris que ce qu’on en dit est vrai, et en même temps, pas tout à fait vrai. Entre les bébés, les parents, les grands-parents, les rencontres sont inattendues, toujours inattendues. Il y a beaucoup de choses qu’on ne peut pas prévoir, qu’on ne sait pas encore, parce qu’il y a des zones d’ombres, des demi-teintes, et aussi des clairs obscurs.

C’est tout ça l’inattendu.

Vente en ligne sur le site des éditions Philippe Duval